Poème

Les papillons


Les papillons des désirs

 

Tournoient sans fléchir

 

Dans les pensées rêveuses

 

Des courbes avantageuses

 

Sur un dessin de neige

 

Caligraphié de nuages

 

Sur un chemin lointain

 

Une savoureuse douceur

 

Des mages éclaireurs

 

De leurs mains coulent des nuées

 

Des roses éclaboussées

 

Typographiées par un marteau

 

Lentement sur papier comme chair sur os

 

Prendront forme les tourmenteuses attirances

 

Qui s'appliquent fer rouge sur sang

 

Des destins qui s'abreuvent au Cap Tourment

 

Solides espèrent d’amères galères

 

Qui flottent sur les eaux d'autres ères

 

S'entrecroiseront les grandeurs d'autrefois

 

Les souvenirs de demains

 

Et les pensées de maintenant

 

Ils imploseront dans les néants

 

Et seront gravés sur les pierres d'Éden

 

Au croisement des croix et de la foi

 

Toujours qu'un seul baiser

 

Par les délices de mes yeux embraisés

 

Transpireront les désirs

 

Alors que les papillons s'enfuirent

Orage

Au bout du chemin il y avait l'orage

Comme tant de fois quand s'envolent les anges

Je suis flottant au dessus des abîmes

Comme perdu au firmament des cimes

 

De mes idées je soulève des mondes

Qui s'évanouissent en grains de poussière

Des châteaux si vastes parsèment mon empire solitaire

Et se déconstruisent au lever des aubes

 

Général aux armées fantomatiques

Les sentinelles dansent au rythme frénétique

Réveillé par les nuées d'hommes métalliques

Je vois mes armées franchir la passe colérique

 

Dans un bruit de criquet de fracas ordonné

Ils avancent dans un destin qui s’est emballé

Au loin la reine courtise les saltimbanques

Dans des orgies aphrodisiaques

 

La terre de ma haine se noie de rouge

Qui en longues traînées d'oublis s'étale

Sur le sol roulent les bouteilles

Qui est-elle?

 

Elle chante aux éclats diurnes

Sur la musique d'orchestre du passé

Des veilles chansons usées

Par le temps comme les cratères de Lune

 

Le vent apporte le parfum d’Azazel

La chaleur calcine sa peau jouvencelle

Elle s’évapore en larmes de tristesses éternelles