Blogue compulsif de Maxime Charbonneau

Coquette

Des fois

Elle est trop désirable

           Parfois coquette

Parfois rebelle

                                  Juste sur une vague                      sans fin

 

Je fondrais

Glissade

Jusqu'à son âme

 

Le long des écumes

Le long du souffle

Lent sur les paumes

Rédemption

Rédemption au cœur de la fournaise des voleurs qui passent au galop sur de grands chevaux. Comme les sentiments qui explosent dans des compartiments. Tu ne tueras point, disait-il du haut des chaires de l’Église! Valeurs et morales des bons sentiments. Quand le sourire qui masque son mensonge se trace sur la peau, de suaves allégories envahissent mon cerveau en état carbonique. Je m’étire au passage bucolique. J’attends encore les bonnes paroles qui tournoient tels des vautours dans mes oreilles saoules. J’avale les rengaines de bourgeois affreux qui s’offrent un condo en boîte de conserve, au prix des souffrances quotidiennes. Je pense à l’imbécile qui court après la réussite sociale, que je ne comprends pas. J’assiste seul, en arrière-fond grisard, à un départ canon au nom de la nouveauté, des fonctions nouvelles que lui offre son corps plus rapide et plus chantant que mes éternelles réflexions, sur un globe qui tourne de plus en plus en boucle dans une dérive que je ne cherche plus à justifier.

 

J’offre la rédemption aux âmes qui s’affligent de douleurs d’avoir trop essayé de se faire croire qu’il pouvait quitter les lieux. La quête de rédemption, l’absolutisme judéo-chrétien, dans toute sa splendeur. Tu ne commettras point l’adultère dit l’homme à cette jeune fille encore vierge qu’il s’était payée à prix d’or. Les organes du sinistre ministre explosent au sein même de sa pensée. Elle n’existe plus, lueur du passé au fond d’un regard qui se vide dans l’oubli.

 

J’offre la rédemption, dans un paquet de cigarettes que crachent les poumons de la serveuse du drive-in cheap du coin de la rue Ste-Catherine. J’offre la finalité dans le bourdonnement de la pipe à eau où gazouille le bruit du hasch qui se consume. Tu ne voleras point l’âme des personnes qui s’affichent devant ton tribunal; sentence à vie pour les pécheurs de la douleur qui se distribue au son des cloches lointaines.

 

Que serait-il sans moi? Pour leur rappeler l’immense vide qu’ils se targuent pourtant d’ignorer. Le vide céleste des étoiles avale toute cette merde, cette révolution qui n’est plus qu’un lieu commun, cette bêtise de croire que l’Homme pourrait être chose que l’homme. J’offre la rédemption. Tu te trompes de cible, j’offre toute ma délicatesse pour faire souffrir la chair, car de la souffrance naîtra une jouissance; abandonne ton sens, ta recherche de sécurité lassante, tu n’es pas l’œuvre de Dieu. Dieu est loin, très loin d’ici. J’offre la rédemption au fond d’une bouteille de gin qui s’étale vide sur le plancher de danse.

 

Rédemption! Rédemption! Ah! ah! ah! Foutaise, tu le sais bien. Cette pente n’a pas de fin, cesse d’avoir peur...

Vent

Vent

Vantardise

Vaniteux

Coup de vent

Vent glacial de l'aube

Tombe sur mon caniveau en vente

Pour un passage au quai de Vendôme

Vent

Variable cannibale

Vassal

Ton cauchemar d'hier s'efface devant

Te laisse au vent

Des idées cognent au ventre

Des caresses vampiriques

Tornade qui prend son envol

Dans les jardins des vandales

Ventriloque de la parole facile

Qui attire la vengeance

Mes yeux vendangent de rougeurs

Vent

Partir au vent

Un vendredi

Sans mot dit

Les papillons


Les papillons des désirs

 

Tournoient sans fléchir

 

Dans les pensées rêveuses

 

Des courbes avantageuses

 

Sur un dessin de neige

 

Caligraphié de nuages

 

Sur un chemin lointain

 

Une savoureuse douceur

 

Des mages éclaireurs

 

De leurs mains coulent des nuées

 

Des roses éclaboussées

 

Typographiées par un marteau

 

Lentement sur papier comme chair sur os

 

Prendront forme les tourmenteuses attirances

 

Qui s'appliquent fer rouge sur sang

 

Des destins qui s'abreuvent au Cap Tourment

 

Solides espèrent d’amères galères

 

Qui flottent sur les eaux d'autres ères

 

S'entrecroiseront les grandeurs d'autrefois

 

Les souvenirs de demains

 

Et les pensées de maintenant

 

Ils imploseront dans les néants

 

Et seront gravés sur les pierres d'Éden

 

Au croisement des croix et de la foi

 

Toujours qu'un seul baiser

 

Par les délices de mes yeux embraisés

 

Transpireront les désirs

 

Alors que les papillons s'enfuirent

Orage

Au bout du chemin il y avait l'orage

Comme tant de fois quand s'envolent les anges

Je suis flottant au dessus des abîmes

Comme perdu au firmament des cimes

 

De mes idées je soulève des mondes

Qui s'évanouissent en grains de poussière

Des châteaux si vastes parsèment mon empire solitaire

Et se déconstruisent au lever des aubes

 

Général aux armées fantomatiques

Les sentinelles dansent au rythme frénétique

Réveillé par les nuées d'hommes métalliques

Je vois mes armées franchir la passe colérique

 

Dans un bruit de criquet de fracas ordonné

Ils avancent dans un destin qui s’est emballé

Au loin la reine courtise les saltimbanques

Dans des orgies aphrodisiaques

 

La terre de ma haine se noie de rouge

Qui en longues traînées d'oublis s'étale

Sur le sol roulent les bouteilles

Qui est-elle?

 

Elle chante aux éclats diurnes

Sur la musique d'orchestre du passé

Des veilles chansons usées

Par le temps comme les cratères de Lune

 

Le vent apporte le parfum d’Azazel

La chaleur calcine sa peau jouvencelle

Elle s’évapore en larmes de tristesses éternelles

Labyrinthe

Labyrinthe

 

Et nous entrons dans l’insoluble labyrinthe, là où les espérances sont devenues des habitudes. Affliction d’une époque qui s’autodétruit devant nos yeux laissant la place aux racines qui recouvriront bientôt les ruines de notre temps. Dans l’espace parallèle s’achèvent les mondes qui diffusaient la puissance lumineuse. Nos rêves d'amours implosent en immondes cauchemars au vernis schizophrénique.

 

Devant le souffle solitaire, des vents glaciaux qui démasquent les personnages guenilles qui se déplacent en mouvement lent sur un échiquier de cases grises, fatiguées par de trop nombreux passages. La boucle tourne et les longs couloirs immaculés de sang démontrent toute la folie de l’œuvre. Les cris, les pleurs, les souffrances des êtres qui se trouvent ici ne s’arrêtent jamais. Il y a trop de voix, trop de cacophonie pour détendre le tympan et comprendre le sens profond des paroles. Elles se perdent dans l’oubli du vide qui s’étale devant les artifices du mensonge. Elles n’ont de sens que de combler le néant.

 

Et nous marchons lentement vers une autre porte qui s’ouvre sur d’autres longs couloirs barbouillés par autant de haine que nous n’arrivons même plus à voir devant. Le fracas des sentinelles devient notre seul repos contre les voix qui s’intensifient. Elles crient de plus en plus fort les mêmes slogans, les mêmes dérisions pathétiques, les mêmes refrains dans une répétition qui n’aura jamais de fin.

 

La puissance du verbe n’y pourra rien. Les articulés de bonne conscience se déploient devant le chemin du salut. Il n’y a pas d’issue. Il n’y a que l’habitude, la banalité, la certitude de savoir d’avance les coups qui se préparent dans les aubes rosées des pensées maléfiques. Mais surtout de savoir son impuissance devant les coups portés en plein cœur, de savoir que nous sommes maintenant ici à jamais.